Tranches de vie : j’ai testé la digital detox

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Tranches de vie: j’ai testé la digital detox

 digital detox

 

Si, tout comme moi, tu ne sors jamais sans ton smartphone, si ton premier geste du matin est de consulter tes mails et autres réseaux sociaux avant même de dire bonjour à ton/ta chérie, si tu passes plus de temps à chatter sur Messenger qu’à échanger en tête à tête avec tes proches, si tu avoues avoir remplacé dans les WC le catalogue de la Redoute par ta tablette, alors oui tu es un/une digital addict et une opération digital detox s’impose au même titre que la vidange de ta voiture ou le détartrage de tes dents !

 

Au commencement …

Cette fois, c’est bon, j’arrête. Je débranche. Je déconnecte. Je me coupe du monde. Je me recentre. Je lâche prise. Je me purifie.  Non, je ne pars pas faire une retraite chez nos amis Tibétains. Quoique louable et peut-être que j’y viendrai un jour. Non, là je viens de décider, ou plutôt, mon mari vient de me lancer un défi : partir en quelques jours à deux et rien qu’à deux. Oui, sans enfants, vous l’avez compris, mais aussi et surtout sans portable, sans réseaux sociaux, sans ordinateur, bref coupés du monde. Ce weekend, c’était donc “opération digital detox” !  

Autant dire un supplice en perspective que cette digital detox. Moi qui suis consultante en communication digitale, pour qui les réseaux sociaux sont mon terrain de chasse, mon terreau, mon pain quotidien, ma passion avant mon métier. Je parle de ça en connaissance de cause, car oui, on devient addict et oui, comme dans toute addiction, le danger nous guette. On a beau le savoir, le connaître, on se refuse à le voir. On est tellement pris par notre passion de l’info, du dernier scoop, de la dernière tendance, du dernier post sur Facebook de notre copine Marie, de la dernière photo Instagram de notre pote photographe, du dernier live tweet de l’event digital de la saison, bref… la passion de la communication est tellement dévorante, qu’on en oublie de communiquer avec ce qui nous entoure au plus près. On oublie l’essentiel.  Or, un beau jour, cet essentiel nous revient en pleine figure

 

La digital addiction en chiffres : ce n’est plus une maladie, c’est une épidémie !

5,7 millions de Français seraient accros aux réseaux sociaux *

74 % des Français avouent ne pas sortir de chez eux sans leur smartphone**

 51 % des cadres consultent leurs e-mails au lit***

7 salariés sur 10  affirment être sollicités par leur entreprise en dehors du bureau****

Ajoutez à ça le syndrome du FOMO (Fear Or Missing Out), la peur de rater l’info du siècle en quelque sorte, et vous obtenez des personnes au bord de l’implosion digitale. Un danger pour elles-mêmes, mais aussi et surtout pour leurs proches (mari, enfants, entourage).

 

La bataille de l’URL contre l’IRL

Oui, nos proches souffrent de notre addiction aux réseaux sociaux. Oui, nos proches en ont assez de nos absences. De parler à l’oreille d’un sourd. De répéter 36 fois les mêmes choses qu’on entend jamais car on est focalisés sur notre portable.
Nos enfants nous supplient de lâcher cet appendice, ce prolongement de la main. Ils nous préféraient avant… Notre conjoint, n’en parlons même pas… Il ne sait plus comment se reconnecter à nous. Il nous dit « t’as changé », « t’es plus à ta communauté qu’à ta famille », « si tu pouvais m’envoyer autant de messages que de tweets aux autres », « si seulement tu revenais un peu parmi nous ! » « Si seulement tu te recentrais sur ce qui compte, su ceux qui t’aiment, sur ceux qui ont vraiment besoin de toi… »  « Si seulement tu te reconnectais à la vraie vie ! »

 

Solution ? Une digital detox en urgence

Et là, on prend soudainement conscience de la douleur qu’on inflige aux autres, très égoïstement. On réalise qu’on est en train de creuser notre propre tombe, notre propre perte. Perte en termes personnels j’entends, pas professionnels. Perte du lien avec les siens. Car comment peuvent-ils comprendre que notre boulot nous bouffe autant et avec autant de plaisir de notre part ? Ils acceptent notre choix professionnel, mais à quel prix ? L’équilibre familial rentre en jeu. L’équilibre, cette balance très personnelle qui varie d’un individu à l’autre, et même chez la même personne, qui varie d’une période à l’autre de sa vie. L’équilibre est fragile. Précieux. A durée de vie limitée. 

Alors, le conjoint prévenant, qui tente en vain de se reconnecter à sa chère et tendre qui lui échappe, tente dans un ultime élan : « Et si on partait à deux, rien qu’à deux. Sans enfants, oui, mais sans téléphones, sans PC, sans réseaux sociaux. Comme avant quoi ! Rien que 3 jours, juste le weekend du 15 août ? Hein, dis, t’es cap ? »  Oui, je suis cap ! Go. On part. On part à l’étranger. La tarification de mon opérateur « coloré » ne poussant pas à la consommation, c’est cool, ça va m’aider.

 

Le 1er jour : le sevrage s’annonce mal

Je coupe toutes les données mobiles. Seule exception à la règle: je consulte le soir mes SMS, des fois que les enfants, confiés pour l’occasion, aient laissé un message. Le reste du temps, le téléphone reste au fond du sac à main. 

Résultat : j’ai dû prendre au moins 10 fois le téléphone dans la journée, prétextant d’aller aux toilettes à chaque pause promenade. Geste réflexe. Horrible. Comme un fumeur qui ne peut plus se passer du geste de porter la cigarette à sa bouche. Du coup, je pense à la cigarette électronique : je devrais m’acheter un faux téléphone portable tiens, un jouet, un exemplaire de démo, enfin un truc juste pour le geste quoi.  Je m’en veux de ne pas arriver à déconnecter. Mon mari me voit nerveuse, comme en manque, agressive même.  On parle. On pose les choses à plat. On essaye de dialoguer et j’essaye de lui expliquer l’état de manque ressenti. Mal au ventre. Frustration extrême. Incapable de me concentrer sur une conversation. Il hallucine et pourtant il va falloir que j’arrive à me sortir de cette addiction qui pollue nos relations, notre famille, notre équilibre.

Le soir arrive, et je me jette sur les SMS et autres appels manqués. Toujours pas sur mes e-mails et réseaux sociaux vu que mes données mobiles sont déconnectées et internet aussi.  Pas de SMS ni appels manqués. Je n’ai rien loupé. Bon, il faut dire que le 15 août hein, il ne fallait pas s’attendre à grand-chose non plus.

 

Le 2ème jour : on se reconnecte à l’autre

Là je tiens bon. Je ne toucherai pas au portable. Je vais même plus loin, je le laisserai éteint à l’hôtel. Comme ça, pas de tentation possible.

Et là, on redécouvre le bonheur d’être à deux. On se redécouvre presque. On se parle, on s’écoute, on s’entend, on se reconnecte. Oh, rien de bien important à dire, non, ce n’est pas le propos. Mais juste parler de tout, de rien, de nous, de nos envies, de nos désirs, de nos peurs, de nos angoisses, de nos passions, de la beauté des lieux visités, du temps pourri, du soleil qui joue à cache-cache… On en vient à critiquer ces couples qui n’ont plus rien à se dire au restaurant et qui jouent avec leur téléphone pour passer le temps en attendant les plats. J’ai l’effet miroir. Je vois le truc horrible que j’inflige à mon couple et à mes proches. La « baffe » en pleine figure. Et là, je me dis « non, je ne veux pas ça. Je ne veux pas en arriver là, à s’ignorer à deux, à être seuls à deux, à jouer la comédie, à feindre une complicité qui n’est déjà plus »…

 

 Le 3ème jour : on lâche prise

Ce troisième jour, je ne pense plus à mon téléphone. Je ne le regarde même pas. Il reste au coffre. Depuis la veille déjà. Je ne pense plus aux messages. Je ne pense plus aux réseaux sociaux, à Facebook, à Twitter… J’ai loupé tous les #FF de vendredi. Mince. J’ai loupé tous les « bonjour » à ma communauté. Bon, OK. Next ? Est-ce vraiment important ? Est-ce indispensable à mon activité ? Suis-je moins performante dans mon travail pour autant ? Mes followers vont-ils m’en vouloir pour autant ? Vont-ils penser que je ne suis pas à la hauteur ? Mes clients qui me suivent sur les réseaux sociaux vont-ils être déçus ? Ais-je perdu ou gagné des followers ? M’a-t-on posé des questions qui restent sans réponse sur Facebook ? Que s’est-il passé d’important sur le net ? Quel scoop ais-je pu rater ?

Mais après tout, peu importe. De quoi on parle là ? Que met-on dans la balance de l’équilibre personnel ?

Pendant trois jours j’ai été moi. Je suis de nouveau en phase avec moi-même. Un peu forcée certes, mais finalement, je remercie mon mari. Je me suis centrée sur l’essentiel. Sur ce qui me porte, me renforce chaque jour plus, me donne des ailes pour aller toujours plus loin. C’est ma famille. Mon socle.

Mes clients et prospects étant en B2B, ils ne travaillent pas ou peu durant les weekends et les soirs. Ais-je manqué à quelqu’un sur le net pendant trois jours ? Non. Personne ne m’a fait la moindre remarque ni posé de question.

En fait, on doit apprendre à placer le curseur au bon endroit. On doit apprendre à se mettre des limites raisonnables. Rien ne sert de jouer la surperformance. Rien ne sert d’être trop perfectionniste.

 

Traitement de fond Docteur ? Mesure et raison garder

Partant de ce constat et de la recherche de l’équilibre que nous sommes tous en droit d’atteindre, j’ai pris le pari de poursuivre mes bonnes intentions et de couper les connexions « données mobiles » après 19h30 et le weekend, sauf urgence particulière pour un client par exemple. Certains de mes homologues, dont je ne citerai pas de nom pour ne me fâcher avec personne, diront que je suis folle de me couper du net pendant tout le weekend, que je ne suis pas en phase avec ma profession, que je ne serai pas crédible, que ceci ou que cela.
Vraiment ? J’en doute. Etre esclave de son métier n’est pas glorifiant. Se targuer d’avoir 5000 followers quand on ne prend jamais la peine de les remercier pour leurs RTs, bon, finalement je préfère être moins « hyperactive » et remercier ma communauté. Je préfère la qualité à la quantité.

 

Merci

Je profite de l’occasion pour remercier tous mes lecteurs sur ce blog, les professionnels comme les non professionnels, les lecteurs d’un jour, comme ceux qui y reviennent souvent, voire les abonnés à la newsletter. Je vous remercie car vous êtes vraiment fidèles, quoi qu’il arrive depuis près d’un an que KomadoK existe. Je prends toujours autant de plaisir à écrire des billets, souvent professionnels, mais parfois personnels comme aujourd’hui, avec pour seule intention et ambition de vous aider à y voir plus clair dans les méandres des réseaux sociaux. Pour vous et pour votre entreprise.

Donc, pour vous, vous l’aurez compris, débranchez, et reconnectez-vous au réel !

 

PS : dans la série « Tranches de vie », je  vous invite à lire « j’ai épousé une femme digitale ».

 

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Et puis, si vous avez aimé, ayez la « partage-attitude » et faites-en profiter votre réseaux !

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 Sources :

*http://siecledigital.fr/2014/08/addiction-reseaux-sociaux/

**Etude réalisée par Ipsos pour Google en 2013
***Etude réalisée par Roambi et Zebaz en 2013
****Enquête Edenred-Ipsos publiée en 2014

 

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Dolores FRAGUELA

Dolores FRAGUELA

Consultante Expert - Transformation digitale - Adoption des outils collaboratifs chez Orange Consulting - Orange Business Services
Passionnée par la communication au sens large, et les réseaux sociaux en particulier, j’ai à mon actif une longue carrière dans le marketing et la communication B2B chez l'annonceur au sein de grands groupes internationaux de l’industrie high-tech.

L’entrepreneuriat me démangeant depuis un moment, je lance mi-2013 ma société de conseil en communication, KomadoK, spécialisée dans le conseil en communication digitale, le community management externalisé et la formation social media. Expérience oh combien enrichissante qui n'a fait que confirmer que la conduite et la réussite d'une transformation digitale est plus liée au facteur humain et culturel de l'entreprise qu'à une maturité technologique.

Aujourd'hui, en tant consultante-expert chez Orange Consulting, je me lance de nouveaux challenges et mets toute mon expertise et expérience au service des entreprises pour les aider dans leur stratégie d'adoption du digital et des nouveaux usages collaboratifs.

Le capital humain et le capital marque sont des actifs immatériels présents au bilan de votre entreprise. La communication digitale, surtout à travers les réseaux sociaux internes comme externes, est un levier extraordinaire de valorisation de ces actifs !
Dolores FRAGUELA

A propos de Dolores FRAGUELA

Passionnée par la communication au sens large, et les réseaux sociaux en particulier, j’ai à mon actif une longue carrière dans le marketing et la communication B2B chez l'annonceur au sein de grands groupes internationaux de l’industrie high-tech. L’entrepreneuriat me démangeant depuis un moment, je lance mi-2013 ma société de conseil en communication, KomadoK, spécialisée dans le conseil en communication digitale, le community management externalisé et la formation social media. Expérience oh combien enrichissante qui n'a fait que confirmer que la conduite et la réussite d'une transformation digitale est plus liée au facteur humain et culturel de l'entreprise qu'à une maturité technologique. Aujourd'hui, en tant consultante-expert chez Orange Consulting, je me lance de nouveaux challenges et mets toute mon expertise et expérience au service des entreprises pour les aider dans leur stratégie d'adoption du digital et des nouveaux usages collaboratifs. Le capital humain et le capital marque sont des actifs immatériels présents au bilan de votre entreprise. La communication digitale, surtout à travers les réseaux sociaux internes comme externes, est un levier extraordinaire de valorisation de ces actifs !
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2 réactions à Tranches de vie : j’ai testé la digital detox

  1. Eh bien le voilà enfin ce fameux article “digital detox” ! Il semble que le sevrage ait donc été dur mais salutaire ;)
    Excellente analyse tout de même ; on se met (trop) souvent à l’abri derrière l’excuse de notre métier pour se justifier de consulter en douce notre portable – une fois de plus – quand notre entourage attend de nous présence et écoute… Il est bien de remettre les pendules de la vie à l’heure parfois. Bisous Dolores

    • Dolores FRAGUELA a écrit:

      Merci pour ton commentaire Valérie ! Un petit sevrage avec le double “effet Kiss-Cool” comme on dit : d’une on se sent mieux, et de deux on fait des heureux :) . Les pendules de la vie sont celles qui nous équilibrent, donc il ne faut pas les négliger en effet.

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