En 2025, la valeur du point de la convention collective nationale 66, qui régit les salaires dans le secteur social et médico-social, s’établira principalement à deux montants distincts selon l’organisme employeur : 3,93 € pour les structures adhérentes à Nexem et 3,82 € pour celles relevant de la Fehap. Cette dualité, fruit de négociations séparées entre syndicats et employeurs, impacte directement les rémunérations, le calcul des pensions et les cotisations retraite. Pour mieux comprendre ses implications, nous aborderons :
- Les raisons de l’existence de ces deux valeurs différentes
- Le mode de calcul du salaire brut à partir du point et des coefficients
- Les primes associées à ces salaires, comme l’ancienneté et les sujétions spéciales
- Les mécanismes de garantie du SMIC face aux rémunérations faibles
- Les perspectives d’évolution de cette valeur et leur impact sur la retraite et le régime de cotisation
Cette analyse détaillée vous permettra de mieux appréhender les enjeux salariaux et sociaux liés à la convention 66 en 2025.
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Table des matières
Deux valeurs du point en 2025 : Nexem et Fehap, deux réalités salariales
La convention collective 66 s’applique au secteur social et médico-social, mais la rémunération décidée pour les salariés varie selon l’organisme qui emploie. En effet, Nexem et Fehap négocient séparément les accords salariaux avec les syndicats. Pour 2025, la valeur recommandée par Nexem est de 3,93 € par point, tandis que la Fehap maintient la sienne à 3,82 €. Cette différence, bien que modeste, a un impact significatif sur les rémunérations.
Pour illustrer, un éducateur spécialisé, souvent positionné au coefficient 434, percevra un salaire brut de base de :
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- 1 705,62 € avec la valeur Nexem
- 1 657,88 € avec la valeur Fehap
Cette divergence de près de 48 € par mois reflète les différentes stratégies patronales en matière de gestion des ressources humaines et de préservation des équilibres financiers dans le secteur.
Pourquoi cette coexistence de deux valeurs ?
Si la convention collective issue de 1966 reste unique, deux branches d’employeurs la mettent en œuvre avec une certaine autonomie. Nexem représente la majorité des établissements adhérents au secteur privé non lucratif, tandis que la Fehap fédère des structures similaires mais avec une gestion de la rémunération distincte, ce qui crée ces écarts salariaux. Cette pluralité est liée à des négociations annuelles qui, depuis plusieurs années, n’ont pas abouti à une harmonisation parfaite des valeurs du point.
Calcul du salaire brut avec la valeur du point et le coefficient
La base de calcul du salaire brut se fait en multipliant le coefficient du poste par la valeur du point applicable. Cette formule simple détermine la rémunération brute mensuelle avant ajout des primes et cotisations. À titre d’exemple, voici un tableau récapitulatif avec la valeur Nexem :
| Poste | Coefficient | Valeur du point (€) | Salaire brut mensuel (€) |
|---|---|---|---|
| Aide médico-psychologique | 403 | 3,93 | 1 584,00 |
| Éducateur spécialisé | 434 | 3,93 | 1 705,62 |
| Chef de service éducatif | 590 | 3,93 | 2 318,70 |
| Directeur d’établissement | 770 | 3,93 | 3 026,10 |
Avec la valeur Fehap (3,82 €), le salaire brut à coefficient égal sera logiquement inférieur. Notons que ce calcul ne prend pas en compte les cotisations sociales et que le salaire net dépendra aussi du régime de retraite et des cotisations applicables.
Quid des primes et compléments de salaire dans la convention 66 ?
La rémunération de base calculée par la valeur du point intègre uniquement la partie principale du salaire. Cependant, pour un grand nombre de salariés dans ce secteur, des compléments viennent s’ajouter :
- Prime d’ancienneté : généralement 1 % par année d’ancienneté, plafonnée à 30 ans, ce qui peut représenter jusqu’à 30 % du salaire de base.
- Indemnité de sujétion spéciale : variable selon les postes, elle atteint souvent 8,21 % du salaire brut pour certains métiers exposés à des contraintes spécifiques.
- Primes de travail de nuit, dimanche, ou internat : attribuées selon les conditions de travail et les accords d’établissement, elles peuvent fluctuer.
Ces primes modèlent significativement la rémunération totale, influençant par conséquent les cotisations sociales et le calcul de la pension future.
Le SMIC comme plancher légal face aux salaires conventionnels
Pour l’année 2025, le SMIC brut mensuel s’élève à 1 801,80 € pour un temps plein (35 heures). Lorsque le salaire calculé par la multiplication du coefficient par la valeur du point est inférieur à ce seuil, l’employeur est tenu par la loi d’aligner la rémunération sur le SMIC. Ce mécanisme protège les salariés occupant les postes aux coefficients les plus faibles, en garantissant une rémunération décente.
Par exemple, un poste au coefficient minimum 403 chez Nexem correspond à un salaire théorique de 1 584,00 €, ce qui est inférieur au SMIC. L’employeur doit donc verser au moins 1 801,80 €, ce qui représente une majoration significative de la rémunération brute. Cette règle s’applique également dans le cadre des cotisations et contribue à l’équilibre social.
Impacts sur la retraite et le régime de cotisations
La valeur du point a un rôle clé dans le calcul de la rémunération brute, mais aussi dans le calcul des droits à la pension de retraite. En effet, la base de cotisation est liée aux salaires versés, qui servent à déterminer le montant de l’indice de référence pour la retraite et les cotisations sociales.
Une rémunération plus élevée, résultant d’une valeur du point revalorisée, entraîne donc une augmentation potentielle des droits acquis au titre du régime de retraite complémentaire. Ceci est particulièrement important pour les salariés aux coefficients intermédiaires ou élevés, où les cotisations sur le salaire global sont amplifiées par ces ajustements.
Revalorisation de la valeur du point : pas automatique mais soumise à négociation
Il faut retenir que la valeur du point ne progresse pas forcément chaque année. La hausse dépend d’une négociation annuelle obligatoire réunissant les représentants patronaux (notamment Nexem et Fehap) et les syndicats de salariés. En absence d’accord, la valeur reste la même que l’année précédente.
Depuis 2022, des augmentations significatives ont eu lieu pour répondre à l’inflation et aux mobilisations dans le secteur. La valorisation à 3,93 € par Nexem en 2025 témoigne de ces efforts, même si certains établissements peuvent maintenir la valeur Fehap à 3,82 € pour maîtriser leurs coûts.
Liste des points clés pour comprendre l’évolution du point en 2025
- Deux valeurs coexistent en 2025 : 3,93 € pour Nexem, 3,82 € pour Fehap.
- Le salaire brut s’obtient par multiplication du coefficient par la valeur du point.
- Les primes (ancienneté, sujétions, travail de nuit) complètent la rémunération de base.
- Le SMIC légal sert de plancher à la rémunération, garantissant un minimum.
- La revalorisation résulte d’accords négociés, non d’une augmentation automatique annuelle.
- L’évolution a un impact direct sur les cotisations et le calcul de la pension de retraite.

